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Éducation bienveillante

Qu’est-ce que la parentalité positive ? Définition, histoire & explications

Ni laxisme ni punitions : une éducation chaleureuse et cadrante, sans violence. Définition officielle, origines, ce que dit la recherche, les critiques et des outils pour le quotidien.

✓ 11 sources citées Relu en octobre 2026
La parentalité positive : qu'est-ce que c'est ? Définition et bases scientifiques - Calepin Parentalité
En bref

Définie par le Conseil de l’Europe en 2006 : une éducation non violente qui pose des repères.

Ce n’est pas du laxisme : chaleur et cadre vont ensemble.

Une méta-analyse portant sur plus de 160 000 enfants lie la fessée à 13 effets négatifs sur 17, sans gain d’obéissance.

En France, la loi interdit depuis 2019 les violences physiques ou psychologiques dans l’éducation.

La parentalité positive est une façon d’éduquer qui associe chaleur et cadre, sans violence. Le Conseil de l’Europe, qui a donné son nom à la notion en 2006, la définit comme « un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant qui vise à l’élever et à le responsabiliser, qui est non violent et lui fournit reconnaissance et assistance, en établissant un ensemble de repères favorisant son plein développement ». Elle ne signifie pas tout accepter : les limites en font partie. Chez Calepin Parentalité, nous la défendons, parce que la recherche montre clairement les dégâts des punitions corporelles et l’efficacité des programmes qui aident les parents à poser un cadre sans violence. Cet article explique d’où elle vient, ce que disent les études, ce que lui reprochent ses critiques, et comment s’y mettre.

Sommaire
  1. D’où vient la parentalité positive ? Petit historique.
  2. La parentalité positive et la science
  3. Les violences éducatives ordinaires : qu’est-ce que c’est ?
  4. La parentalité positive et la loi française
  5. Les techniques de la parentalité positive
  6. Notre avis : oui, avec réalisme
  7. Questions fréquentes

D’où vient la parentalité positive ? Petit historique.

Les racines sont anciennes. Au début du XXe siècle, le psychiatre autrichien Alfred Adler défend une éducation fondée sur l’encouragement et la coopération plutôt que sur la domination. Dans les années 1950 et 1960, le psychiatre britannique John Bowlby montre avec la théorie de l’attachement qu’un enfant a besoin d’un lien sécurisant pour se développer. À la même époque, la psychologue américaine Diana Baumrind décrit un style parental à la fois chaleureux et exigeant, qu’elle oppose au style autoritaire et au style permissif : c’est lui que la recherche associe depuis aux meilleurs résultats pour l’enfant.

Les outils viennent ensuite. En 1970, le psychologue Thomas Gordon publie sa méthode d’écoute active et de « message-je ». Marshall Rosenberg formalise la communication non violente dans les années 1970. Adele Faber et Elaine Mazlish popularisent ces approches auprès des parents.

Le mot lui-même entre dans les politiques publiques en 2006, avec la recommandation du Conseil de l’Europe. En France, il se diffuse dans les années 2000 et 2010, porté par des autrices comme Isabelle Filliozat, Catherine Gueguen ou Céline Alvarez, et par l’État : la stratégie nationale de soutien à la parentalité de 2018, puis la stratégie « Mon parcours de parent » pour 2025 à 2027. D’autres voix critiquent certains de ses usages, notamment les psychologues Caroline Goldman et Didier Pleux.

La parentalité positive et la science

Des organismes publiques, privées, jusqu’aux universités, réalisent des études qui sont utilisées par ceux qui défendent et ceux qui s’opposent à la parentalité positive. Les neurosciences ont changé la façon de considérer nos actions éducatives. Selon les auteurs et professionnels de l’enfance et ceux de la relation, ces études ont montré comment nos interactions d’adultes peuvent impacter le développement de leurs cerveaux.

Les études sont nombreuses, et elles vont dans le même sens. En 2016, une méta-analyse d’Elizabeth Gershoff et Andrew Grogan-Kaylor, portant sur cinq décennies de recherche et plus de 160 000 enfants, associe la fessée à 13 effets négatifs sur 17 examinés : agressivité, comportements antisociaux, troubles de santé mentale. Elle n’améliore pas l’obéissance, ni à court ni à long terme. L’Organisation mondiale de la santé conclut que les châtiments corporels « n’ont aucun effet positif » et recommande, parmi ses stratégies validées par la recherche, les programmes de soutien aux parents.

En revanche d’autres études mettent en évidence l’impact des violences éducative ordinaire (comprendre ici les punitions, menaces, fessées, contraintes et manipulations psychologiques ou encore les châtiments corporels) :

  • Les souffrances causées par la violence éducative, qu’elle soit physique ou mentale, peuvent engendrer des névroses ultérieures et entraver les mécanismes d’apprentissage dans de nombreux cas. Consulter la source sur le site du Cairn : cliquer ici
  • Une étude sur les effets de la maltraitance et les abus sur les enfants. L’étude est disponible en anglais : consulter l’étude originale
  • La maltraitance infantile, prévalente chez 10 à 15% des individus dans les sociétés occidentales, est associée à un risque accru de troubles psychiatriques. La méthylation de l’ADN apparaît comme un médiateur crucial des expériences de la petite enfance, maintenant des séquelles neurobiologiques à long terme de la maltraitance infantile et déterminant fortement le risque psychopathologique​. Pour retrouver l’étude : cliquer ici.
  • Enfin, comparativement aux enfants ayant reçu une éducation empathique et positive, ceux exposés à une éducation punitive ont tendance à être plus insensibles, durs et à recourir aux mensonges. La source est un article rédigé sur le site de Psychologue.net, qui lui-même cite plusieurs articles intéressants. Vous pourrez le lire après avoir terminé celui-ci en cliquant ici

Le principal point de désaccord porte sur le « time out », l’isolement court de l’enfant, que Caroline Goldman défend dans File dans ta chambre ! (2020) et que les partisans de la parentalité positive rangent parmi les punitions. Une partie des critiques vise en réalité une caricature : une éducation sans limites, qui ne correspond pas à la définition. Notre lecture : le débat sur les outils est légitime, mais il ne remet pas en cause le socle, qui est d’éduquer sans violence et avec un cadre clair.

Les violences éducatives ordinaires : qu’est-ce que c’est ?

La principale différence entre la parentalité positive et la parentalité que l’on va dire plus « classique » est l’exclusion totale de forme de violence dans l’éducation. Ces violences appelées violences éducatives ordinaires (VEO) sont au cœur des débats. Les VEO sont, telles que définies par l’association Stop VEO :

  • Les punitions (exclusion notamment, dont la pratique du Time Out)
  • Les violences psychologiques (faire du chantage, priver d’affection…) et physiques (la fessée, les coups et autres violences physique visant à « éduquer » l’enfant comme secouer l’enfant, les petites tapes etc.)
  • Les violences verbales (crier, insulter, humilier…)

Ces violences éducatives ordinaires souvent perpétrées sous le couvert de l’éducation, sont employées pour faire obéir l’enfant et changer un comportement. Elles peuvent pourtant avoir des conséquences durables et néfastes sur le bien-être et le développement des enfants.

Changer nos habitudes et notre approche de l’éducation cela représente des changements majeurs pour les parents. Ces VEO étant généralement transmises de génération en génération et étant profondément ancrées dans la société française.

Isabelle Filliozat - La parentaltié positive - Calepin Parentalité
Isabelle Filliozat, une des figures de la parentalité positive en France, avec un rayonnement international. Photo du Studio Cabrelli, issu du site d’Isabelle Filliozat
Heloise Junier - Psychologue et auteure - Calepin parentalité
Héloïse Junier, psychologue et auteure, figure montante de la parentalité positive en France. Photo issue du site de Héloïse Junier

La parentalité positive et la loi française

La parentalité positive, que l’on soit complètement convaincu ou que l’on ne récupère que ce qui nous intéresse (c’est aussi ça la vie de parent, nous faisons comme nous pouvons !) est probablement l’approche la plus pertinente à un changement social en France : l’interdiction des châtiments corporels & psychologiques dans l’exercice de l’autorité parentale.

Pour faire simple, voici le texte de loi (disponible intégralement et librement en cliquant ici) :

  • Article 1 : après le deuxième alinéa de l’article 371-1 du code civil, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
    « L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »
  • Article 2 : au deuxième alinéa de l’article L. 421-14 du code de l’action sociale et des familles, après le mot : « secourisme », sont insérés les mots : «, à la prévention des violences éducatives ordinaires ».
  • Article 3 : le Gouvernement remet au Parlement, avant le 1er septembre 2019, un rapport présentant un état des lieux des violences éducatives en France et évaluant les besoins et moyens nécessaires au renforcement de la politique de sensibilisation, d’accompagnement et de soutien à la parentalité à destination des parents ainsi que de formation des professionnels concernés.
    La présente loi sera exécutée comme loi de l’État.

Cette loi a été saluée par les personnalités du monde de la parentalité positive, elle  représente une première étape nécessaire dans le changement des mentalités en France.

Jean François Bemonte - Papa Positive, auteur et blogueur - Calepin Parentalité
Jean-François Belmonte, blogueur et auteur connu sous le nom de Papa Positive. Photo issue du site LinkedIn.
Catherine Gueguen - Auteure et pédiatre - Calepin Parentalité
Catherine Gueguen, pédiatre et auteure de livre sur le développement de l’enfant, la parentalité. Photo issue du site Babelio.

Les techniques de la parentalité positive

La parentalité positive s’oppose donc à toutes formes de violences éducatives ordinaires qu’elles soient physiques ou verbales. Il n’est pas question de dire oui à toutes les demandes, mais d’affirmer un cadre ou des limites (selon le vocabulaire de chaque personnalités ce dernier peut changer). Dans ce cas l’enfant se retrouvera face à un adulte empathique, à l’écoute des émotions et s’exprimant en se mettant à la hauteur de l’enfant. Tout cela en étant capable d’assurer la sécurité et de refuser des demandes qu’il jugera dangereuses ou inadéquates. 

Parmi les techniques plébiscitées par la parentalité positive :

  • Écoute active : lorsqu’un enfant exprime sa colère, il est important de l’écouter sans interruption, reflétant l’essence de l’écoute active. Par exemple : lorsqu’un enfant est en colère dans un magasin, le parent peut le prendre dans les bras pour le calmer (lorsque l’enfant est d’accord, sinon vous pouvez lui montrer que vous êtes disponible et à l’écoute, il permettra le contact quand il sera prêt) et essayer de comprendre la source de son irritation est un moyen de pratiquer l’écoute active.
  • Communication non violente : abrégée CNV, elle peut être mise en pratique en formulant des instructions de manière positive. Par exemple, au lieu de dire « Ne saute pas dans la flaque d’eau », dire « Évite la flaque d’eau » est un moyen d’exprimer des directives de manière non violente et positive.
  • Encouragement : l’encouragement peut se manifester en aidant les enfants à surmonter leur anxiété et à visualiser des solutions, ou encore aider un enfant anxieux à visualiser et à naviguer à travers un événement stressant est un moyen de l’encourager. Vous pouvez aussi souligner les efforts réalisés lors d’une activité plutôt qu’uniquement la finalité.
  • Coopération : la coopération peut prendre plusieurs formes dans l’éducation et dans la vie de famille. Nous pouvons impliquer l’enfant dans la résolution de problèmes (c’est aussi une manière de le responsabiliser, en réparant ses erreurs lorsqu’il casse quelque chose ou renverse de l’eau etc. Attention dans ce cas précis, la réparation doit rester cohérente et dans la limite d’être sans danger pour l’enfant). L’exemple pour la coopération serait de lui permettre d’exprimer ce qu’il ressent et à chercher des solutions ensemble lorsqu’il est confronté à l’anxiété ou l’impossibilité d’exécuter une action.

Notre avis : oui, avec réalisme

Oui, parce que les preuves sont solides et que la loi va dans le même sens. Avec réalisme, parce que la parentalité positive demande du temps et de la disponibilité, qui manquent souvent, et qu’aucun parent n’y arrive tous les jours. L’objectif n’est pas d’être parfait, mais de remplacer peu à peu les cris et les punitions par d’autres outils, et de se faire aider quand c’est trop lourd.

Pourtant la réalité du terrain est souvent complexe. Alors notre réponse est un peu comme notre site Calepin Parentalité : nous proposons des sources d’informations et des contenus pour vous permettre de découvrir, de vous aider à comprendre : puis vous choisissez ce que vous pouvez et voulez mettre en place. Parce que chaque parent a besoin d’information, d’écoute et de soutien avant de pouvoir agir dans sa famille.

La parentalité positive demande aux parents une capacité et du temps d’écoute, de la disponibilité : des choses qui souvent font défauts dans notre société. Cela peut demander dans des cas plus complexes de l’adaptation à ses propres réactions, et le mieux : un travail sur soi. 

Tout le monde aspire à une relation zen, agréable du moins avec ses enfants. Alors il existe plusieurs possibilités pour y arriver : des livres de différents auteurs et professionnels (Isabelle Filliozat, Caroline Goldman, Catherine Gueguen, Beatrice Kammerer, Héloïse Junier…) pour vous faire votre propre idée, des vidéos gratuites & payantes (conférences, interviews, questions / réponses avec les parents…), des ateliers de parentalité avec des professionnels formé.e.s, des groupes de parents ou encore des consultations avec des professionnels de santé (psychologue, coach parental, psychopraticien, psychothérapeute…).

Bref, notre travail sera de vous permettre d’avoir un petit calepin avec des informations pertinentes. En attendant, cet article sera mis à jour, corrigé ou augmenté en fonction de vos retours et des informations de sources fiables que nous aurons.

Questions fréquentes

La parentalité positive, c’est du laxisme ?

Non. La définition du Conseil de l’Europe parle de repères, et la recherche distingue clairement le style chaleureux et structurant, qui donne les meilleurs résultats, du style permissif, qui n’en donne pas. Dire non fait partie de la parentalité positive, la façon de le dire change.

Quelles sont les critiques de la parentalité positive ?

Surtout le refus du « time out », et une application parfois rigide qui culpabilise les parents. Ces critiques portent sur des outils et des dérives, pas sur le principe d’une éducation sans violence, que la loi française impose depuis 2019.

Qu’est-ce qui remplace la punition ?

Poser la règle avant, expliquer, nommer l’émotion, proposer un choix, faire réparer quand c’est possible. Notre article sur les alternatives à la fessée détaille ces outils pas à pas.

Par où commencer ?

Par un livre accessible, Parler pour que les enfants écoutent de Faber et Mazlish, par un atelier de parents, ou par un professionnel : l’annuaire de Calepin Parentalité recense des consultants en parentalité et des coachs parentaux, en cabinet ou en visio.

Sources citées dans cet article

  1. « un comportement parental fondé sur l’intérêt supérieur de l’enfant qui vise… rm.coe.int
  2. stratégie « Mon parcours de parent » solidarites.gouv.fr
  3. une méta-analyse d’Elizabeth Gershoff et Andrew Grogan-Kaylor news.utexas.edu
  4. L’Organisation mondiale de la santé conclut que les châtiments corporels « n’ont… who.int
  5. ses stratégies validées par la recherche paho.org
  6. cairn.info
  7. ncbi.nlm.nih.gov
  8. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
  9. psychologue.net
  10. l’association Stop VEO stopveo.org
  11. legifrance.gouv.fr
Raphaël Vigne
Raphaël Vigne

Consultant en marketing, cela fait plus de 10 ans que j'exerce dans le milieu de la parentalité en marketing & communication (auteurs, thérapeutes, éditions). J'ai créé Calepin Parentalité pour faciliter la mise en relation de professionnels avec des familles, parents, couples & enfants.

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